30 ans de connaissances accumulées sur les résidus de bauxite rejetés en mer entre 1966 et 2015

Les résidus de bauxite rejetés en mer entre 1966 et 2015 ont tendance à se comporter comme des sédiments naturels


Les résultats ont mis en évidence la formation d’un front de sédimentation à 60 kilomètres du débouché de la conduite...

L’absence de risque sanitaire lié à la consommation de poissons est confirmée par l’Anses


Ce rapport confirme les conclusions de l’Evaluation des Risques Sanitaires réalisée en 2014 dans le cadre de la demande d’autorisation d’exploiter. (...)

Richesse des peuplements sous-marins autour de la canalisation d’Alteo et au-delà


Autour et sur la canalisation d’Alteo, 344 oursins diadèmes ont été recensés entre 45 et 96 m de profondeur. Une telle densité n’avait jamais été observée dans le NW Méditerranéen…

Quelle incidence les rejets historiques ont-ils eu sur la faune sous-marine ?


182 biotests effectués sur 19 points de prélèvement confirment l’innocuité générale des résidus collectés en mer.



1997 1999 2002 2007 2012 Test microtox d’inhibition de la luminescence (...)

"Toxicité des boues rouges" : l’éclairage scientifique et industriel


Ifremer, le Centre d’océanologie de Marseille, Créocean, Biotox, etc. ont réalisé des études et aucun de ces rapports n’a été tenu confidentiel.

Les résidus de bauxite rejetés en mer entre 1966 et 2015 ont tendance à se comporter comme des sédiments naturels

De 1995 à 2014, le Comité Scientifique de Suivi indépendant (CSS) a fait réaliser des études, examiné les résultats et produit chaque année un rapport complet. Ce rapport, public, a été remis à l’entreprise et aux services concernés de l’État et des collectivités.

Mieux comprendre l’évolution des populations sous-marines au contact des résidus, évaluer les risques sanitaires liés à la consommation de poissons

Un suivi est réalisé tous les 5 ans, de 300 m à – 2 500 m de profondeur sur :

Les études enseignent que les résidus ont tendance à se comporter comme des sédiments naturels. 

La répartition spatiale des résidus de bauxite

Les observations sous-marines ont montré qu’une faible partie des rejets est empêchée de s’écouler dans la fosse de Cassidaigne, du fait des turbulences et des courants marins. Des études, prenant en compte ces phénomènes, ont mis en lumière la répartition géographique de ces résidus. Elles ont observé les influences respectives des différents courants :

  • le courant principal liguro provençal,
  • les remontées d’eaux profondes et de descente d’eaux de surface,
  • les courants circonstanciels dus à la topographie et à la météo.
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Carte des sédiments marins - campagne de mesure 2012

Les résultats ont mis en évidence la formation d’un front de sédimentation à 60 kilomètres du débouché de la conduite qui avance de 4 à 5 Km par an depuis 1991 et épaissit dans l’axe du canyon. La vitesse de sédimentation réduit progressivement au fur et à mesure de la diminution de la quantité des rejets. La surépaisseur provoquée ne se mélange que très peu avec les sédiments préexistants.

Quelle est l’influence des rejets historiques sur la faune, du plateau continental aux grandes profondeurs ?

Deux populations végétale et animale typiques se partagent l’espace allant du plateau continental à la plaine bathyale qui commence vers 2000 m de fond : la première correspond aux vases côtières d’origine continentale, la seconde est caractéristique des vases profondes méditerranéennes. Le peuplement de cette dernière décroît en quantité et diversité avec la profondeur, en même temps que se raréfient les apports nutritifs venus du littoral.

6 campagnes d’observation du milieu marin recommandées par le Comité Scientifique de Suivi ont apporté plusieurs types d’enseignements (1997-2012).

L’évolution du peuplement sous-marin au contact des résidus de bauxite :

  • Entre le débouché de la canalisation et le chenal de la fosse, la population marine s’était raréfiée, à cause de l’effet mécanique de l’écoulement des rejets historiques.
  • Sur le plateau continental, on a constaté que la conduite pouvait servir de refuge à quelques espèces de crustacés et de poissons jusqu’à 250 m de profondeur. Les analyses ont confirmé dans l’ensemble l’absence de résidus à ces profondeurs.
  • Les études successives, de 1995 à 2004, font apparaître qu’après un relatif recul du nombre des espèces - constaté en 1995 mais dont l’origine pourrait avoir été liée à des phénomènes environnementaux plus globaux - les années suivantes ont vu l’équilibre se rétablir et une importante augmentation des effectifs, comparables aux peuplements non touchés par les rejets. 


Des résultats de tests d’écotoxicité sont disponibles pour différentes espèces (poissons, crustacés, oursins, mollusques, bactéries…). Selon les critères en vigueur, tous ces tests ont été négatifs et ont permis de conclure à l’absence d’écotoxicité des résidus lorsqu’ils sont immergés. Lors de la campagne en mer de 1998 et 1999, des effets mineurs ont été montrés chez l’oursin et les bactéries à proximité de l’émissaire. Ces effets n’ont pas été confirmés lors des campagnes suivantes. Ils pourraient avoir été associés à des effets mécaniques et non toxicologiques en lien avec la finesse des particules des résidus. 

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Macrofaune vivant dans la zone des sédiments
de résidus de bauxite

Les résultats des suivis écologiques réalisés sur la macrofaune benthique   ont montré que, dans le périmètre d’influence des rejets de résidus, les peuplements des fonds marins meubles restent diversifiés. Ces résultats ont mis en évidence une colonisation des sédiments contenant des résidus jusqu’à 2 400 m de profondeur. Néanmoins, les peuplements avaient disparu dans la zone immédiate de l’écoulement (vraisemblablement par effet mécanique à l’époque). Ces études ont permis de conclure à une absence d’impact des résidus sur la macrofaune benthique   y compris à forte profondeur.

L’évaluation des risques sanitaires

Une évaluation des risques sanitaires a été réalisée pour la consommation de poissons vivant à proximité des résidus. Une campagne de pêche a été réalisée et les teneurs en éléments métalliques ont été mesurées dans les poissons. Sur la base des niveaux de consommation de poisson, il a été alors conclu à l’absence de risque sanitaire.

L’absence de risque sanitaire lié à la consommation de poissons est confirmée par l’Anses

A la demande du ministère de l’environnement, l’Anses   a fait procéder à une campagne de pêche dans la zone impactée par le rejet historique de résidus de bauxite d’Alteo (« boues rouges ») ainsi que dans une zone de référence hors de l’emprise de ce rejet.

Après avoir étudié ces spécimens, l’Anses   a publié « l’analyse du rapport de l’Anses   en date du 25/07/2016 relatif à l’évaluation des risques sanitaires liés à la consommation de produits de la mer pêchés en Méditerranée dans une zone impactée par les activités de transformation de minerai de bauxite de l’usine d’Alteo. »

L’étude a consisté à comparer les risques sanitaires liés à la consommation de poissons pêchés dans une zone impactée par le rejet Alteo avec une zone de référence (hors impact du rejet). L’Anses   a utilisé les données de contamination des poissons issues de son premier rapport publié en décembre 2015.

Ce second rapport conclut à l’absence de risque sanitaire lié à la consommation de poissons pêchés, aussi bien dans la zone impactée que dans la zone de référence.

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Eléments essentiels à noter :

Une comparaison des niveaux d’exposition des 2 zones a été faite en considérant la population des non consommateurs d’oursins. Concernant l’aluminium, cadmium, vanadium – le niveau d’exposition est supérieur dans la zone impactée par le rejet, par rapport à la zone de référence.

« Pour l’aluminium et le cadmium, les expositions totales sont inférieures aux valeurs toxicologiques de référence retenues. En considérant ces deux éléments chimiques, la consommation de produits de la mer, quelle que soit sa zone de provenance (zone dite impactée ou zone dite de référence), n’est pas de nature à entraîner une préoccupation sanitaire.

Pour ce qui concerne le vanadium, en l’absence de valeur toxicologique de référence robuste, l’évaluation des risques sanitaires n’a pas pu être effectuée. Néanmoins, les expositions totales sont inférieures à celles calculées dans le cadre de la 2e étude de l’alimentation totale pour la population adulte. Ainsi, la consommation de produits de la mer, quelle que soit sa zone de provenance n’est pas de nature à entraîner une surexposition au vanadium par rapport à la population générale »

La consommation d’oursins n’a pas été prise en compte dans cette étude. A noter que les niveaux de contamination en aluminium et titane sont entre 3 et 4 fois plus élevés dans la zone de référence que dans la zone impactée alors que ces deux éléments chimiques sont considérés comme les principaux marqueurs du rejet d’Alteo.

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L’Anses   a publié le 28 octobre 2016 un avis qui porte sur l’évaluation des risques sanitaires liés à l’exposition alimentaire à l’arsenic, complétant celui du 25 juillet 2016. « Il apparaît que les expositions en arsenic inorganique calculées via la consommation des produits de la mer provenant d’une zone ou de l’autre ne sont pas significativement différentes. […] Sur la base des données de consommation des produits de la mer de l’étude CALIPSO, la consommation des produits de la mer, qu’ils proviennent de la zone dite impactée ou de la zone dite de référence, n’est pas de nature à entraîner une exposition à l’arsenic inorganique supérieure à celle de la population générale (Etude de l’Alimentation Totale 2) ».

Ce rapport confirme les conclusions de l’Evaluation des Risques Sanitaires réalisée en 2014 dans le cadre de la demande d’autorisation d’exploiter. Celle-ci démontrait que le risque le plus élevé était 500 fois plus faible que la valeur de référence.

Ce rapport confirme également les conclusions du Conseil Scientifique de Suivi mis en place par le préfet en 1995, qui concluait à l’absence d’impact sanitaire lié au rejet historique.

Richesse des peuplements sous-marins autour de la canalisation d’Alteo et au-delà

Autour de la canalisation d’Alteo

A faible profondeur des herbiers de posidonie auxquels sont associées de nombreuses grandes nacres entourent la conduite. Sur le plateau continental, on a constaté que celle-ci servait de refuge à de nombreuses espèces de coraux, éponges, crustacés et de poissons jusqu’à plus de 250 m de profondeur.

Les deux conduites d’Alteo (Gardanne, en service et la Barrasse en sommeil) ont été filmées en 2013 grâce à un robot sous-marin équipé d’une caméra.

344 oursins diadèmes ont été recensés entre 45 et 96 m de profondeur. Une telle densité n’avait jamais été observée dans le NW Méditerranéen.

Une algue brune - la Cystoseire – a quant à elle été répertoriée comme la colonie la plus importante présente dans le Parc National des Calanques (entre 30 et 52 m de profondeur). Source : Patrick Bonhomme, Goujarda, Javel A., Grondin J., Boudouresque C.F. GIS Posidonie - Publication dans les Actes du 2ème Symposium Méditerranéen sur la conservation du coralligène et autres bio-concrétions - Portorož, Slovenie, 29-30 octobre 2014.

Le Canyon de Cassidaigne, un site exceptionnel

L’Agence des Aires Marines Protégées a réalisé en 2013 des campagnes d’observation dans les canyons profonds de Méditerranée.

Le canyon de Cassidaigne fait partie des sites les plus exceptionnels de la façade méditerranéenne française par l’exubérance des espèces et l’abondance des coraux blancs.

C’est dans la zone ouest que sont observées les principales colonies de coraux blancs, dont de jeunes colonies.

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Oursins diadème auprès de la conduite

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Coraux blancs

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Herbiers de posidonie autour de la conduite
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Coraux blancs et poisson


2 espèces d’éponges rares dans le Canyon de Cassidaigne

Dans le cadre du programme de suivi du milieu marin, le GIS Posidonie a réalisé en 2016 une campagne d’exploration des fonds marins qui a permis de constater la présence de 2 espèces d’éponges rares. Ces espèces ont été observées au sein du canyon de Cassidaigne, au niveau de la tête du canyon, à 2 km environ du point de rejet. L’article scientifique ci-contre fait une description des spécimens observés (version anglaise).

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Publication NICOLE BOURY-ESNAULT1, JEAN VACELET1, MAUDE DUBOIS1, ADRIEN GOUJARD2, MAÏA FOURT1, THIERRY PÉREZ1 & PIERRE CHEVALDONNÉ1

1 - IMBE, CNRS, Aix Marseille Univ, Univ Avignon, IRD, Station Marine d’Endoume

2 - GIS Posidonie, Campus de Luminy, Océanomed

Quelle incidence les rejets historiques ont-ils eu sur la faune sous-marine ?

Des études ont été menées régulièrement pour connaître le devenir en mer des résidus de bauxite. Elles ont porté sur la détermination nette des caractéristiques du dépôt sur les fonds marins. Elles ont mesuré l’évolution dans le temps de son influence sur le milieu et sur les animaux.

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Les campagnes de mesure de 1997, 1999, 2002, 2007 et 2012

Cinq séries de tests en toxicité ont été reconduits sur quatre campagnes (1997, 1999, 2002, 2007, 2012) afin de vérifier la stabilité des résultats dans le temps. Ces études ont été réalisées par l’association ADECTox à Bordeaux. Elles ont porté sur :

  • la mortalité des spécimens
  • les altérations génétiques éventuelles
  • le développement des larves

Bilan général sur les tests d’écotoxicologie   (1998-2012) 

182 biotests effectués sur 19 points de prélèvement ont confirmé l’innocuité générale des résidus collectés en mer.

Les résultats obtenus sur quatre stations suivies régulièrement depuis 1997 n’ont pas montré d’évolution temporelle significative de l‘écotoxicité. 

Cependant, les résultats sur le développement larvaire (% de larves anormales) montrent une toxicité moyenne (deux stations en 1997 et une autre en 2012 avec un niveau 2). 

En 2002 et 2007, les notes attribuées à ces stations sont toutefois inférieures : risques négligeables à faibles.


1997
1999
2002
2007
2012
Test microtox d’inhibition de la luminescence  
(AFNOR T90-320)

sur la bactérie Photobacterium phosphoreum

sur la bactérie Vibrio fischeri pour la fraction lixivée et solide sur la bactérie Vibrio fischeri pour la fraction lixivée et solide sur la bactérie Vibrio fischeri pour les lixiviats et la fraction solide sur la bactérie Vibrio fisacheri pour les lixiviats et la fraction solide
Test de létalité
(AFNOR T90-307) 

sur le loup Dicentrarchus labrax


 
Test de génotoxicité
(OCDE 471)

sur la bactérie Salmonella typhimurium

sur la bactérie Salmonella typhimurium   sur la bactérie Salmonella typhimurium
Test de développement larvaire
(ASTM 1989)

sur l’oursin Paracentrotus lividus

sur la moule Mytilus sp. Pour la fraction lixiviée et solide sur la moule Mytilus sp. Pour la fraction lixiviée et solidesur l’huître pour les lixiviats et la fraction solide sur l’huître pour les lixiviats et la fraction solide
Radioactivité
(5NF M 60 790-6)
sur résidus en place sur résidus en place
Test de toxicité aigue
(ASTM 1993)
sur amphipode corophium de la fraction solide

"Toxicité des boues rouges" : l’éclairage scientifique et industriel

En 2012, des articles sont parus concernant le rejet des résidus de bauxite de l’usine de Gardanne dans le canyon sous-marin de Cassidaigne. L’usine de Gardanne a souhaité y apporter un éclairage complémentaire.

Plus de 80 études existent sur le sujet, publiées par des scientifiques indépendants 

Ifremer  , Centre d’Océanologie de Marseille, Créocean, Biotox, etc. ont réalisé des études et aucun de ces rapports n’a été tenu confidentiel. Tous ont été communiqués au Comité Scientifique de Suivi qui recommande des études depuis 1995 pour mieux comprendre et suivre l’évolution des populations sous-marines au contact des résidus et évaluer les risques sanitaires liés à la consommation de poissons. Les rapports du Comité Scientifique de Suivi, qui intègrent les résultats de ces études, sont remis chaque année aux autorités et portés à la connaissance du public.

Le Comité Scientifique de Suivi a été mis en place par arrêté préfectoral du 30 octobre 1995 à 2015. Il était composé de 7 membres, tous nommés par la préfecture. Il a été renouvelé 5 fois depuis sa création.

Ce sont au total 19 scientifiques indépendants - spécialisés en écotoxicologie  , radioécologie, écologie marine, halieutique  , gestion et valorisation des déchets - qui ont défini les programmes d’études et suivi la réalisation des travaux.

Le choix des scientifiques n’a jamais appartenu à l’industriel, qui n’a pas la compétence pour juger des résultats de leurs travaux. 

Les précisions scientifiques sur l’impact réel du rejet de Jean-Claude Dauvin, président du Comité Scientifique de Suivi

Extraits du communiqué du 27 juillet 2012 de Jean-Claude Dauvin

« Un ensemble de quatre tests écotoxicologiques a été réalisé sur du sédiment pris sur place entre 265 et 1065 m de profondeur au cours des campagnes échelonnées de 1997 à 2007.

  • Les résultats collectés sur ces échantillons ne montrent pas d’évolution temporelle significative de l‘écotoxicité.
  • En conclusion, malgré des hypothèses très conservatoires, il n’a pas été identifié de risques sanitaires liés à la consommation de poissons exposés aux résidus de bauxite de l’usine de Gardanne.


  • L’évaluation réalisée n’indique pas non plus de risque cumulé pour les éléments chimiques quantifiés.
  • Tout comme pour les campagnes précédentes, il n’a pas été possible lors de la dernière campagne de 2007 de mettre en évidence une incidence directe des résidus inertes sur les peuplements, pouvant traduire un effet toxique particulier. »

Vous trouverez ci-contre l’article intégral de Jean-Claude Dauvin détaillant plusieurs résultats d’études.

L’étude Thébaut et al. montre que la radioactivité des résidus de bauxite en mer est comparable à celle du milieu naturel

La bauxite comme d’autres roches de l’écorce terrestre contient des éléments radioactifs. 

En mer, l’étude Thébault et al (2005) a montré que les teneurs en Césium au niveau de Cassis étaient comparables au niveau naturel de Césium que l’on trouve sur la côte Méditerranéenne. 


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