Intro : Quand un résidu devient une ressource

Qu’est-ce que la Bauxaline®


Depuis 1990, le site de Gardanne étudie les moyens de valoriser ces résidus sous la forme de Bauxaline®. Dans les années 2000, il met au point un procédé industriel de déshydratation des résidus de bauxite : le filtre-presse

Quel est son statut réglementaire ?


Quelles conditions pour sortir du statut de déchet ? La Bauxaline® est un déchet au sens de la réglementation. Elle peut sortir de ce statut pour (...)


Qu’est-ce que la Bauxaline® ?

L’extraction de l’alumine du minerai de bauxite génère de grandes quantités de résidus minéraux insolubles. Depuis 1990, avec l’approbation du Comité Scientifique de Suivi, le site de Gardanne étudie les moyens de valoriser ces résidus sous la forme de Bauxaline®.

Dans les années 2000, il conçoit un procédé industriel de déshydratation des résidus de bauxite : le filtre-presse. En 2007, un premier filtre-presse est mis en service sur le site de production de Gardanne. Un second filtre-presse est construit sur le site de stockage de Mange Garri et mis en service mi 2014. Un troisième filtre-presse de complément sera mis en service à Mange Garri en 2015.

Des études pour identifier les caractères physico-chimiques des résidus ont été menées pour permettre la classification et l’homologation de ces co-produits pour différents usages précis.

Ce matériau est régulièrement utilisé pour :

  • La réhabilitation de Centres de Stockage des Déchets Ultimes
  • les travaux publics (couches de formes, remblais, coulis d’injection)

Des tests sur d’autres applications sont prometteurs, entre autres pour la dépollution des eaux et des sols. Un programme d’études est en cours sur ces filières : Bauxaline® Technologies.

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Quel est son statut réglementaire ?

Quelles conditions pour sortir du statut de déchet ?

La Bauxaline® est un déchet au sens de la réglementation. Elle peut sortir de ce statut pour devenir : 

  • un produit pour des utilisations précises (directive européenne déchets 2008 Articles L 541-4-2 et L 541-4-3 du Code de l’environnement). Cette démarche s’effectue auprès de la DREAL. Instruction du dossier : environ 6 mois. Première démarche initiée fin novembre 2013.
  • une matière première secondaire lorsqu’elle remplace une matière première avec des caractéristiques équivalentes ou supérieures : ex briques, tuiles, billes argile.

Dans les années 2010, l’Economie circulaire est un sujet qui monte en puissance. L’institut est créé début 2013 et Alteo en a été l’un des premiers membres.

Non dangereuse, non corrosive, non irritante

Réglementation sur les déchets : la Bauxaline® n’est pas dangereuse

En 2018 comme en 2012, l’Ineris   (Institut national de l’environnement industriel et des risques) a réalisé pour le compte d’Alteo une étude de classement en dangerosité des résidus de bauxite (Bauxaline®) afin d’évaluer leur toxicité.

Deux approches ont été retenues :

  • L’évaluation d’une éventuelle dangerosité intrinsèque, liée à sa composition et ses caractéristiques
  • L’évaluation d’une éventuelle dangerosité sur l’environnement dans lequel elle se trouve et évolue

Conclusion du rapport d’étude Ineris  

Dangerosité intrinsèque. Depuis 2014, les résidus de bauxite sont classés dans la Liste Européenne des Déchets en entrées alternatives dites « miroir », c’est-à-dire qu’elles peuvent être dangereuses ou non dangereuses, suivant leur contenu en substances dangereuses. La première approche a consisté à faire l’inventaire des constituants potentiellement dangereux des résidus de bauxite, avec pour résultats des concentrations ne dépassant pas les seuils de dangerosité.

Dangerosité pour la santé humaine et l’environnement. Pour cette seconde approche, une évaluation sur les 15 critères de danger H1 à H15 a été réalisée (explosif, comburant, inflammable, …), hors propriété HP 14 ‘Ecotoxique’ qui est analysée par les méthodes détaillées ci-dessous. La conclusion sur ces critères de danger est négative là encore.

La propriété HP 14 a été évaluée par calcul suivant la méthode dite « M1 » qui est appliquée réglementairement à compter de juillet 2018 dans tous les Etats-Membres. La Bauxaline® n’est pas classée écotoxique par cette méthode.

Afin d’avoir une approche exhaustive du comportement de ce déchet, la propriété HP 14 a aussi été déterminée par essais écotoxicologiques (8 essais mis en œuvre au total, correspondant aux batteries d’essais française et franco-allemande). La Bauxaline® n’est pas classée écotoxique par ces deux batteries dans le cadre normatif actuellement en vigueur.

Ces deux approches mènent à la même conclusion, sans équivoque : les résidus de bauxite ne sont pas dangereux ni toxiques au sens des réglementations les plus récentes.


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Protocole d’essais OCDE : la Bauxaline® n’est pas irritante

En 2012, Alteo a fait réaliser une série de tests pour déterminer si la Bauxaline® peut présenter un caractère irritant ou corrosif pour la peau et les muqueuses. 

Le protocole défini par Alteo s’est appuyé sur les lignes directrices de l’OCDE pour ce type d’expérimentation avec l’adoption d’une démarche en séquences. Ainsi, un premier travail de test sur des muqueuses artificielles puis un second sur les animaux (malheureusement nécessaire car seul pris en compte pour le classement des produits) ont permis de s’assurer de l’aspect non irritant des produits testés.

Trois conditions ont été examinées pour l’ensemble des tests, afin de balayer un périmètre plus large que les spécifications de la Bauxaline®, et donc d’aller au-delà du pire des cas.
Ont été testées : une Bauxaline® stockée pendant un an, une Bauxaline® standard tout juste issue du filtre-presse, et un déchet issu du filtre presse présentant une teneur résiduelle en soude plus élevée que la Bauxaline®. 

Les résultats sont les suivants :

  • Les 3 conditions testées sont non corrosives pour la peau (protocole OECD 431)
  • Les 3 conditions testées sont non irritantes pour la peau (protocoles OECD 439 et 404)
  • Les 3 conditions testées sont non irritantes pour les yeux (protocoles OECD 438 et 405)

La Bauxaline® de Gardanne est donc classée « non corrosive » et « non irritante » pour la peau et les muqueuses.

A noter qu’Alteo a été le précurseur de ces tests dans l’industrie européenne de la production d’alumine. Nos concurrents ont, par la suite, suivi notre protocole d’essai avec leurs propres résidus, et ce dans le cadre d’une étude de l’EAA (Association Européenne de l’Aluminium).

Quel est son niveau de radioactivité ?

Il n’y a pas de danger ni pour une exposition occasionnelle ni pour les personnels qui travaillent sur les sites d’exploitation. 

  • une étude de radioactivité du résidu a été effectuée en 2005 par un cabinet externe. Elle a montré un niveau tout à fait acceptable au sens de la réglementation française et européenne. A titre de comparaison, ce niveau de radioactivité est inférieur de 15% à celui de la roche granitique de Bretagne.
  • des contrôles radiologiques annuels sont effectués sur le terrain et transmis aux autorités qui les publient.

Lorsque la Bauxaline® est recouverte de 20 cm de terre végétale, cette émission radioactive est comparable à celle du milieu naturel local. Cette étude est disponible sur http://www.alteo-environnement-gardanne.fr/-Documents Santé, étude d’impact radiologique


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